Le TJM (Taux Journalier Moyen) est l’un des piliers de la réussite d’un indépendant. Trop bas, il fragilise votre activité et peut nuire à votre réputation ; trop élevé, il peut freiner la signature de missions. Pourtant, de nombreux entrepreneurs commettent des erreurs récurrentes dans son calcul, souvent par manque de recul ou de visibilité globale.
C’est sans doute l’erreur la plus courante, notamment chez les personnes qui quittent le salariat pour se mettre à leur compte.
Beaucoup raisonnent ainsi : « Je gagnais 3 000 € nets par mois, donc je dois viser à peu près la même chose. »
Or, un salaire net n’a rien à voir avec un revenu d’indépendant. En tant que consultant autonome, vous devez intégrer :
Votre TJM ne doit jamais être calculé à partir du net, mais à partir du coût global de votre activité.
Un TJM réaliste ne se calcule pas sur 220 jours travaillés par an. C’est une illusion très répandue.
En pratique, un entrepreneur ne facture pas :
En moyenne, un consultant facture entre 180 et 200 jours par an, parfois moins en début d’activité.
Par exemple, avec un objectif de revenu annuel de 60 000 € et 190 jours à facturer, on obtiendrait un TJM minimum de 60 000 / 190 ≈ 315 €. Si vous aviez calculé sur 220 jours, votre TJM aurait été sous-évalué de plus de 15 % !
Même en portage salarial, où une partie de la gestion est simplifiée, les charges restent un élément central du calcul du TJM.
Parmi les éléments souvent oubliés, on retrouve :
À cela peuvent s’ajouter les frais de gestion de la société de portage, qui doivent être intégrés dans votre modèle économique. Une erreur fréquente consiste à calculer un TJM « acceptable aujourd’hui », sans anticiper l’évolution des charges à moyen terme.
Certains entrepreneurs ont tendance à fixer leur TJM uniquement en fonction de leurs besoins financiers, sans regarder le marché.
Or, un TJM doit aussi refléter :
Deux consultants peuvent avoir des charges similaires et pourtant des TJM très différents, simplement parce que leur valeur perçue n’est pas la même.
Par exemple, un expert en cybersécurité ou data peut légitimement facturer 700–900 € / jour tandis qu’un profil plus généraliste devra souvent ajuster son positionnement
Un bon TJM est donc un équilibre entre vos contraintes financières et la réalité du marché.
Dernière erreur : considérer le TJM comme une valeur définitive. En réalité, votre TJM doit évoluer :
Beaucoup d’indépendants n’osent pas réviser leur TJM à la hausse, par peur de perdre des missions. Pourtant, une augmentation progressive et justifiée est généralement bien acceptée, surtout lorsque la relation client est établie.
En portage salarial, cette évolution est d’autant plus importante qu’elle conditionne directement votre salaire net, votre protection sociale et votre capacité à sécuriser votre activité sur le long terme
Le TJM n’est ni un chiffre arbitraire, ni un simple objectif de revenu. C’est un outil stratégique, qui doit intégrer des paramètres financiers, humains et commerciaux. Pour trouver le taux juste, vous devez donc raisonner en coût global annuel, être réaliste sur les jours facturables, connaître votre marché et anticiper l’évolution de votre activité
Dans cette logique, le portage salarial peut être un véritable atout : il permet de sécuriser son statut tout en bénéficiant d’un accompagnement dans la définition d’un TJM cohérent, durable et aligné avec ses objectifs professionnels.



