Plan de relance : les enjeux industriels en France

Le 3 février 2021

Plan de relance : les enjeux industriels en FranceAfin de relancer l’économie et de préparer l’avenir, le gouvernement français a adopté un plan de relance en 2020. Ce dispositif de soutien actif et massif à l’économie porte un volet industriel particulièrement important. Vous êtes un professionnel indépendant et vous souhaitez en connaître davantage sur les enjeux industriels du plan de relance français ? Notre article fait le point sur la situation et évoque les possibilités de marchés pour les indépendants.

 

Crise sanitaire : révélateur d’une erreur stratégique de politique industrielle ?

La crise sanitaire du Coronavirus a mis en évidence de nombreux manques du tissu industriel français. À ce titre, la France a eu des difficultés persistantes à se procurer des masques, du matériel de test ou encore pour sécuriser l’acheminement des principes actifs.

Ces manques sont la conséquence de plusieurs décennies de délocalisation et de désindustrialisation. De nombreux Français ont alors découvert un pays très dépendant de sites de production situés à l’étranger.

Dans un contexte international marqué par des incertitudes, nous entrons dans une phase de circuits courts. Il s’agit désormais de rapprocher les lieux de production et de consommation. Cette nouvelle orientation stratégique va modifier, selon toutes vraisemblances, les contours de l’industrie en France. Comme nous allons le voir par la suite, la crise sanitaire du Coronavirus vient donc remettre en question plusieurs décennies de choix industriels en France.

L’évolution du secteur industriel en France

Depuis les années 80, l’industrie française ne se situe plus au cœur des priorités politiques. L’émergence de pays industriels dans le monde a, de fait, réduit la compétitivité des entreprises productives en France.

La désindustrialisation, en France, est donc une réalité depuis les années 1980. Cette politique est le fruit de la conjonction de deux orientations stratégiques complémentaires :

  • Le développement du tertiaire. La France a fait le choix d’encourager les créations d’emplois dans le secteur des services. En France métropolitaine, les services représentent désormais près de 80 % des emplois (services marchands et non-marchands) contre moins de 12 % pour l’industrie.
  • La croissance par la consommation (ou politique dite de la demande). La France fonde une grande partie de sa richesse (55 % du PIB) sur le dynamisme de la consommation des ménages. Dans ce contexte, les politiques de redistribution sont fortes, participant à augmenter la fiscalité sur les entreprises en générale et sur l’industrie en particulier.

Par ailleurs, la France a fait le choix d’une industrie de pointe, de haute technologie avec des champions nationaux. Or, certains pays, comme la Chine, ont réussi à rattraper leur retard et à concurrencer sérieusement les fleurons de l’industrie française.

L’industrie française participe à hauteur de 10 % de la richesse nationale alors que ce chiffre est plutôt aux alentours de 20 % pour les autres pays européens.

La prise en compte des problèmes du tissu industriel

Depuis une dizaine d’années, les gouvernements français successifs ont pris la mesure des difficultés touchant les entreprises industrielles du pays. Ainsi, ce changement d’orientation s’est opéré en plusieurs étapes :

  • 2010 : adoption du Programme d’Investissement d’Avenir (PIA). Entre 2010 et 2017, ce sont près de 57 milliards d’euros d’investissement qui ont été débloqués par la France à destination des projets innovants.
  • 2012-2013 : adoption du CICE. Le dispositif “Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi” a permis de réduire de 20 milliards les coûts du travail avec des exonérations de charges. Même si ces baisses n’ont pas exclusivement concerné l’industrie, cette dernière en a bénéficié. Il convient de souligner que le CICE est désormais pérennisé depuis 2019.
  • 2014-2015 : adoption du programme Nouvelle France Industrielle. Également connu sous le terme d’industrie du futur, ce dispositif vise à préparer l’arrivée de l’Industrie 4.0.
  • 2020 : adoption du plan de relance. Nous allons évoquer ce point plus précisément.

Plan de relance : vers un renouveau industriel ?

Le Plan de relance, présenté depuis septembre 2020, vise à soutenir de nombreux secteurs en France. À ce titre, les industries vont bénéficier d’une baisse durable de la fiscalité et notamment de la diminution des impôts de production.

Le Plan de relance est évalué à 100 milliards sur plusieurs axes. Néanmoins, ce plan va consacrer près de 20 milliards pour réduire les impôts de production sur les deux prochaines années. Il convient également d’ajouter qu’1 milliard est également fléché spécifiquement à la relocalisation des unités de production.

Indépendants : les points à intégrer

Lorsque l’on évoque l’industrie, on pense essentiellement à de très grandes entreprises. Or, le plan de relance, s’il ne s’adresse pas directement aux indépendants, va leur donner de nombreuses opportunités.

Il est essentiel de bien intégrer que le plan de relance va créer de nouveaux secteurs de recherche, notamment dans les véhicules hydrogènes. Or, le lancement d’un nouvel objectif industriel a systématiquement un impact sur un ensemble de prestataires spécialisés. Le dynamisme d’un secteur bénéficie donc à tout l’écosystème professionnel, de la plus petite à la plus grande entité.

Ainsi, qu’il s’agisse de technologies vertes ou de numérique, de nombreuses industries vont recourir à des consultants experts pour avancer dans leurs projets stratégiques. En effet, deux points centraux doivent attirer l’attention des professionnels indépendants :

  • Le plan de relance prévoit “la mise à niveau numérique” des entités professionnelles. Ces entreprises vont alors solliciter des prestataires experts en nouvelles technologies et dans le secteur IT pour favoriser leur transition numérique. Cette numérisation peut à la fois porter sur les outils de production industriels ou sur la réalisation de diagnostics et d’étude.
  • Le plan de relance prévoit d’accélérer la transition écologique des bâtiments, des industries et des secteurs automobiles et aéronautique. Cet axe va générer, de fait, de nombreuses missions d’analyse du bilan carbone, études d’impact, mises en place de solutions de décarbonation ou encore conseil en équipements en green tech. Il existe également des volets concernant le traitement des eaux, la biodiversité ou le développement des véhicules à hydrogène.

Plan de relance : en conclusion

En résumé, la désindustrialisation est la conséquence d’un processus commencé il y a près de 4 décennies. Désormais, la relocalisation industrielle et le développement de projets stratégiques semblent être la nouvelle norme. Dans ce contexte, il va être difficile pour les industries françaises de répondre seules aux appels à projets. Elles vont avoir besoin de l’expertise et des compétences à haute valeur ajoutée des professionnels indépendants spécialisés dans les secteurs numériques et énergétiques.



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